IP Box FiscalitéArticle 238 du CGI

IP box pour les entreprises de la construction

Quels actifs, quels revenus et quel ratio nexus pour les entreprises de la construction ? Le régime de l’article 238 appliqué à la réalité du secteur, avec un exemple chiffré.

Mis à jour le 15 octobre 2026Lecture 5 minSources : CGI et BOFiP

PlancheBTP et construction
BTP et constructionFig. 3

Le BTP innove davantage qu’on ne le dit : systèmes constructifs, matériaux bas carbone, procédés de mise en œuvre, logiciels de conception et de chantier. Les entreprises qui licencient un système breveté à des réseaux d’applicateurs ou à des industriels peuvent bénéficier de l’IP box.

Ingénieurs sur un chantier de construction

Le secteur et sa propriété intellectuelle

Le BTP innove dans les systèmes constructifs, les matériaux bas carbone et la préfabrication, sous l’effet de la réglementation environnementale. Les entreprises qui développent un procédé constructif breveté le diffusent souvent par un réseau d’applicateurs licenciés, une organisation qui génère des redevances éligibles au taux de 10 %.

Trois questions décident de l’intérêt du régime dans ce secteur : la nature des actifs détenus, la forme juridique des revenus qu’ils produisent et l’origine de la recherche qui les a créés. Les sections suivantes y répondent dans l’ordre.

Les actifs éligibles chez les entreprises de la construction

Tous les incorporels d’une entreprise ne sont pas éligibles. Dans ce secteur, les actifs concernés sont les suivants.

Les revenus qui peuvent être imposés à 10 %

Le régime vise la concession, la sous-concession et la cession des actifs. Pour les entreprises de la construction, cela recouvre typiquement :

  • redevances versées par des applicateurs licenciés d’un procédé constructif ;
  • licences de systèmes constructifs brevetés à des fabricants ;
  • licences de logiciels de calcul ou de gestion de chantier.

La part des revenus qui rémunère des services associés reste imposée au taux normal, ce qui impose une ventilation dès que le prix est global. Voir le guide ventilation des revenus.

Le ratio nexus dans le secteur

La R&D du secteur s’appuie souvent sur des centres techniques et des bureaux d’études indépendants. Le ratio est élevé lorsque la technologie a été développée par l’entreprise.

Exemple chiffré

Une entreprise perçoit 350 000 € de redevances d’applicateurs licenciés de son procédé breveté d’isolation par l’extérieur. Elle dépense 70 000 € par an et a cumulé 900 000 € de recherche avec un centre technique.

Exemple indicatif établi avec le moteur de calcul du site, hypothèses fictives.
Étape du calculMontant
Revenus tirés de l’actif sur l’exercice350 000 €
Dépenses de R&D de l’exercice rattachées à l’actif− 70 000 €
Résultat net de l’actif280 000 €
Dépenses qualifiantes cumulées (interne et tiers indépendants)900 000 €
Sous-traitance à des entreprises liées et acquisitions0 €
Ratio nexus : min(900 000 € × 1,3 ; 900 000 €) ÷ 900 000 €100 %
Résultat imposé à 10 %280 000 €
Impôt au taux de 25 % sans l’option70 000 €
Impôt au taux de 10 % avec l’option28 000 €
Économie d’impôt estimée sur l’exercice42 000 €

Le tableau ci-dessous montre comment l’économie évolue si les revenus de l’actif sont divisés par deux ou doublés, à dépenses inchangées : elle progresse plus vite que les revenus, parce que les dépenses de R&D sont déduites avant l’application du taux réduit.

Sensibilité de l’économie au niveau des revenus, calculée avec le moteur du site.
ScénarioRevenus de l’actifRésultat netBase à 10 %Économie
Revenus divisés par deux175 000 €105 000 €105 000 €15 750 €
Hypothèse de l’exemple350 000 €280 000 €280 000 €42 000 €
Revenus doublés700 000 €630 000 €630 000 €94 500 €

L’économie d’impôt ressort à 42 000 € sur l’exercice, avec un ratio nexus de 100 %. Si l’entreprise remplissait déjà ces conditions sans avoir opté, l’IP box peut s’appliquer rétroactivement sur ses trois derniers exercices : à revenus comparables, environ 126 000 € d’impôt récupérable. Vos propres montants peuvent être testés dans le simulateur du site.

Les pièges propres aux entreprises de la construction

  • Confondre une marge de travaux et une redevance.
  • Ne pas formaliser les contrats de licence avec les réseaux d’applicateurs.

Les documents à réunir dans le secteur

Avant d’opter, une entreprise du secteur gagne à rassembler les pièces suivantes, qui répondent aux questions que pose habituellement un vérificateur.

  • Les brevets et avis techniques des procédés constructifs.
  • Les contrats avec les applicateurs licenciés et leurs redevances.
  • La séparation entre redevances, formation et fourniture de matériaux.
  • Les rapports d’essais des centres techniques.

Mettre en place l’IP box dans le secteur

  1. Identifier les actifs qui génèrent des revenus et vérifier leur éligibilité (titre en vigueur, originalité du logiciel, titularité des droits).
  2. Qualifier les revenus : concession, sous-concession ou cession, et ventilation des contrats qui incluent des services.
  3. Reconstituer les dépenses de R&D par actif depuis l’origine, en distinguant interne, tiers indépendants, sociétés liées et acquisitions.
  4. Calculer le résultat net et le ratio nexus, puis estimer l’économie sur plusieurs exercices.
  5. Documenter et opter : documentation de l’article L. 13 BA, annexe 2468-SD jointe à la liasse.

IP box, CIR, CII et JEI

Les travaux sur les matériaux et les systèmes constructifs relèvent du CIR lorsqu’ils lèvent des incertitudes techniques.

Il n’y a pas d’incompatibilité de principe entre le CIR et l’IP box, mais les définitions de la R&D retenues dans les deux dossiers doivent être cohérentes. Voir le comparatif IP box et CIR.

Les entreprises du secteur en France

Nombre d’entreprises actives en France pour les principaux codes NAF du secteur, selon le répertoire SIRENE. Le code d’activité ne suffit pas à établir l’éligibilité, mais il donne la mesure du nombre d’entreprises potentiellement concernées.

Source : API Recherche d’entreprises (SIRENE, Insee), au 15 octobre 2026.
Code NAFActivitéEntreprises actives
71.12BIngénierie, études techniquesplus de 10 000
28.99BFabrication d'autres machines spécialisées1 369

Où sont implantées les entreprises du secteur

Parmi les 128 villes suivies, celles qui comptent le plus d’entreprises sous les codes d’activité du secteur. Chaque page ville détaille l’écosystème local et le tissu d’entreprises concernées.

Questions fréquentes

Un réseau d’applicateurs licenciés peut-il générer des revenus éligibles ?

Oui, si les redevances versées rémunèrent la concession d’un brevet ou d’un procédé accessoire à un brevet. Les formations et l’assistance aux applicateurs sont à ventiler.

Combien une entreprise du secteur peut-elle économiser ?

Dans l’exemple de cette page, l’économie atteint 42 000 € par an pour 350 000 € de revenus d’actif. Elle passe à 94 500 € si les revenus doublent, à dépenses constantes. Le simulateur permet de faire le calcul avec vos propres chiffres.

Quels documents préparer avant d’opter ?

Outre la documentation commune (organisation de la R&D, liste des actifs, ratio nexus, méthodes de répartition), les pièces clés du secteur sont : les brevets et avis techniques des procédés constructifs ; les contrats avec les applicateurs licenciés et leurs redevances ; la séparation entre redevances, formation et fourniture de matériaux ; les rapports d’essais des centres techniques.

L’IP box est-elle intéressante pour les entreprises de la construction ?

Elle l’est dès qu’une entreprise du secteur tire des revenus de licence ou de cession d’un actif éligible et que son résultat net est positif. L’économie dépend du résultat net de l’actif et du ratio nexus ; dans l’exemple de cette page, elle atteint 42 000 € par an.