IP box et crédit d’impôt recherche : deux leviers complémentaires
Le CIR finance la recherche pendant qu’elle se fait. L’IP box allège l’impôt sur les revenus qu’elle produit ensuite. La question n’est presque jamais « l’un ou l’autre », mais « comment les articuler ».
Mis à jour le 15 octobre 2026Lecture 3 minSources : CGI et BOFiP
| Critère | Crédit d’impôt recherche | IP box |
|---|---|---|
| Texte | Article 244 quater B du CGI | Article 238 du CGI |
| Ce qui est aidé | Les dépenses de recherche de l’année | Le résultat net des revenus d’un actif |
| Mécanisme | Crédit d’impôt de 30 % des dépenses jusqu’à 100 M€, 5 % au-delà | Taux d’impôt de 10 % au lieu de 25 % |
| Profil gagnant | Entreprise qui investit, même déficitaire | Entreprise qui tire des revenus d’un actif rentable |
| Remboursement | Possible sous conditions (PME, JEI, jeunes entreprises) | Sans objet : réduction d’impôt sur un bénéfice |
| Déclaration | Formulaire 2069-A-SD | Annexe 2468-SD |
| Documentation | Dossier justificatif technique et financier | Documentation L. 13 BA du LPF, ratio nexus |
| Critère de R&D | Manuel de Frascati | Mêmes critères pour les dépenses rattachées |
Un cumul expressément admis
La doctrine (BOI-BIC-BASE-110-30, §90) précise que le régime de l’article 238 n’est pas exclusif du crédit d’impôt recherche. Les dépenses retenues pour calculer le résultat net IP box peuvent aussi entrer dans la base du CIR si elles sont éligibles au sens du II de l’article 244 quater B. Une même équipe de recherche peut donc ouvrir droit à un crédit d’impôt pendant le développement d’un logiciel, puis à un taux réduit sur ses revenus de licence.

La séquence type
- Phase de recherche : l’entreprise engage ses dépenses, déclare son CIR et, si elle est éligible, le statut JEI réduit ses charges sociales.
- Phase de premiers revenus : le résultat net de l’actif est souvent négatif, l’IP box ne joue pas encore, mais le suivi des dépenses par actif se met en place.
- Phase de rentabilité : le résultat net devient positif, l’option pour l’IP box réduit l’impôt sur ce résultat, et le CIR continue sur les nouveaux travaux.
Aligner les deux dossiers
L’administration rapproche fréquemment le dossier CIR et la documentation IP box. Une dépense qualifiée de recherche dans l’un et d’exploitation dans l’autre fragilise les deux. Les entreprises qui réussissent leur contrôle utilisent la même cartographie des projets, les mêmes feuilles de temps et la même définition de la R&D, en rattachant en plus chaque projet à un actif pour l’IP box.
Si l’on ne devait en retenir qu’un
Pour une start-up en phase d’investissement, le CIR est sans équivalent : il produit une trésorerie immédiate, même sans bénéfice. Pour un éditeur rentable dont la R&D se stabilise, l’IP box peut peser davantage, parce qu’elle porte sur une marge qui croît plus vite que les dépenses. Une société qui licencie 2 M€ par an avec 400 000 € de R&D économise avec l’IP box environ 15 % de son résultat net éligible, soit 240 000 € à ratio de 100 %, quand le CIR sur la même R&D, à supposer qu’elle soit entièrement éligible, représenterait au plus 120 000 €.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler l’IP box et le CIR sur les mêmes dépenses ?
Oui. La doctrine précise que le régime n’est pas exclusif du CIR : les dépenses déduites pour calculer le résultat net IP box peuvent figurer dans la base du CIR si elles sont éligibles.
Le CIR réduit-il le ratio nexus ?
Non. Le ratio nexus compare l’origine des dépenses (interne, tiers, sociétés liées, acquisitions), sans tenir compte du crédit d’impôt obtenu.