IP Box FiscalitéArticle 238 du CGI

Éditeur de plugins et extensions : réduisez votre IS avec l’IP box, le régime fiscal à 10 %

Les revenus de votre logiciel original peuvent être imposés à 10 % au lieu de 25 %, et l’impôt de vos trois derniers exercices récupéré. Ce que cela représente pour les éditeurs de plugins et d’extensions, chiffres à l’appui.

Mis à jour le 15 octobre 2026Lecture 3 minExemple chiffré

PlancheProfession
Actif : logicielFig. 14

Réduire son impôt sur les sociétés sans changer d’activité : c’est ce que permet l’IP box aux éditeurs de plugins et d’extensions. Le régime impose à 10 % le résultat net tiré de leur logiciel original, au lieu du taux normal de 25 %, avec un effet rétroactif possible sur trois exercices. Dans l’exemple chiffré ci-dessous, l’économie atteint 45 750 € par an.

Développeurs d’un éditeur de logiciels au travail
Taux IP box
10 %
Économie par an
45 750 €
Rattrapage 3 exercices
137 250 €
Ratio nexus
100 %

Pourquoi les éditeurs de plugins et d’extensions sont souvent éligibles

Les éditeurs de plugins et d’extensions pour les grandes plateformes logicielles vendent des licences annuelles à un grand nombre de clients, souvent dans le monde entier. Leur modèle, très logiciel, se prête bien à l’IP box.

Depuis la réforme de 2019, les logiciels protégés par le droit d’auteur figurent parmi les actifs de l’IP box. Il suffit que le logiciel soit original, c’est-à-dire qu’il porte l’empreinte de choix de conception propres à vos équipes, et que vous en concédiez l’usage, sous forme de licence ou d’abonnement. Voir la fiche logiciel original.

Les revenus qui peuvent passer à 10 %

Pour les éditeurs de plugins et d’extensions, les revenus concernés sont typiquement :

  • Licences annuelles de plugins.
  • Ventes sur les places de marché.
  • Licences pour agences et revendeurs.

Lorsque le prix inclut des services (support, hébergement, formation), seule la part qui rémunère l’actif est retenue. L’exemple de cette page en retient 85 %, soit 425 000 € sur 500 000 € de chiffre d’affaires.

Combien vous pouvez économiser

Pour fixer les idées, prenons 425 000 € de revenus d’actif par an, 120 000 € de dépenses de R&D annuelles, 800 000 € de R&D réalisée en interne depuis l’origine.

Calcul indicatif, hypothèses fictives, société à l’IS au taux de 25 %.
ÉtapeMontant
Redevances et abonnements éligibles425 000 €
R&D annuelle déduite− 120 000 €
Résultat net de l’actif305 000 €
Ratio appliqué100 %
Économie d’IS45 750 €

Pour un métier comme celui-ci, le gain vaut 9,2 % du chiffre d’affaires concerné, et le taux effectif sur le résultat de l’actif tombe à 10,0 % au lieu de 25 %.

Sensibilité au niveau des revenus, à dépenses inchangées.
ScénarioRevenus de l’actifÉconomie par anRattrapage sur 3 exercices
Revenus deux fois plus faibles212 500 €13 875 €41 625 €
Exemple de la page425 000 €45 750 €137 250 €
Revenus deux fois plus élevés850 000 €109 500 €328 500 €

Récupérez aussi l’impôt de vos trois derniers exercices

L’option ne vaut pas seulement pour l’avenir. Par une réclamation, un professionnel peut faire appliquer le taux de 10 % aux exercices 2023, 2024 et 2025, soit pour l’entreprise de l’exemple environ 137 250 € d’impôt à récupérer. Pour 2023, la date limite est le 31 décembre 2026. Voir IP box rétroactive.

Rattrapage admis par les tribunaux administratifs de Lyon (2025), Paris (2025) et Cergy-Pontoise (2026), contesté par la doctrine administrative, non encore tranché en appel.

Le point de vigilance pour les éditeurs de plugins et d’extensions

Le code d’un plugin s’appuie sur l’interface d’une plateforme tierce : seule la partie développée par l’éditeur fonde l’originalité.

Dans l’exemple, toute la recherche est conduite en interne ou par des prestataires indépendants : le ratio nexus est de 100 %, et la totalité du résultat net bénéficie du taux de 10 %.

Comment passer à l’IP box

  1. Faire le diagnostic : actifs, contrats, revenus, régime fiscal.
  2. Chiffrer l’économie annuelle et le rattrapage sur trois exercices.
  3. Monter la documentation exigée par l’article L. 13 BA du LPF.
  4. Déposer l’annexe 2468-SD et, pour le passé, les réclamations.

Un spécialiste de l’IP box, avocat fiscaliste ou expert-comptable, conduit ces étapes avec vous et votre expert-comptable habituel. La première étape, le diagnostic, permet de savoir en quelques échanges si l’option et le rattrapage valent la peine. La demande d’étude prend trois minutes.

Questions fréquentes

Un éditeur de plugins et extensions peut-il bénéficier de l’IP box ?

Oui, dès lors que l’entreprise est soumise à l’impôt sur les sociétés ou à l’IR selon un régime réel, qu’elle détient un logiciel original éligible et qu’elle en tire des revenus de concession, de sous-concession ou de cession. La part imposée à 10 % dépend ensuite du ratio nexus.

Quelle économie d’impôt pour ce métier ?

Dans le cas chiffré ci-dessus, le gain atteint 45 750 € par an. Il croît avec le résultat net de l’actif et baisse si une partie de la R&D est achetée à des sociétés liées.

Peut-on récupérer l’impôt des années passées ?

Oui, par voie de réclamation, sur les exercices 2023, 2024 et 2025 : sur l’exemple de cette page, environ 137 250 € récupérables à revenus comparables. Le délai de l’exercice 2023 expire le 31 décembre 2026.

Où se trompe-t-on le plus souvent ?

Le code d’un plugin s’appuie sur l’interface d’une plateforme tierce : seule la partie développée par l’éditeur fonde l’originalité.