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Crédit d’impôt recherche pour les fintechs : CIR, CII et rattrapage sur 3 ans

Quels travaux sont éligibles, combien ils rapportent et comment récupérer le crédit des trois dernières années : le CIR et le CII appliqués à la réalité du secteur, chiffres à l’appui.

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Mis à jour le 16 octobre 2026Lecture 7 minExemple chiffré 2026

PlancheCIR
FintechFig. 21

Les fintechs construisent des services financiers sur des technologies récentes, avec des contraintes de sécurité, de conformité et de disponibilité très fortes. Une partie de leurs travaux est de l’intégration réglementaire, mais les modèles de risque, la détection de fraude en temps réel ou les architectures de paiement à très haute disponibilité comportent souvent de vrais verrous.

Paiement mobile et terminal de paiement
Taux du CIR
30 %
CIR / an (exemple)
83 080 €
CII / an (exemple)
11 814 €
Rattrapage 3 ans
284 684 €

Le CIR pour les fintechs : un levier sous-utilisé

Le crédit d’impôt recherche reste sous-utilisé pour les fintechs. Beaucoup d’entreprises du secteur pensent que leurs travaux sont trop appliqués, trop proches du produit ou trop modestes pour être de la « recherche ». C’est rarement exact : le critère n’est pas la taille du projet ni le prestige du laboratoire, mais l’existence d’une incertitude technique que les connaissances disponibles ne permettaient pas de lever.

Les fintechs combinent des ingénieurs logiciels, des spécialistes des données et des profils quantitatifs. Chaque euro de salaire consacré à des travaux éligibles rapporte environ 42 centimes de crédit, forfait de fonctionnement compris.

Les travaux éligibles au CIR pour les fintechs

Parmi les travaux qu’un spécialiste examine en priorité dans le secteur, on trouve :

  • Développer des modèles de détection de fraude en temps réel sur des données transactionnelles déséquilibrées.
  • Concevoir des modèles de scoring de crédit pour des populations peu documentées.
  • Mettre au point des architectures de traitement de paiements garantissant cohérence et disponibilité à grande échelle.
  • Créer des méthodes d’analyse automatique de documents financiers hétérogènes.

Dans chaque cas, ce qui rend le projet éligible n’est pas sa difficulté ou son coût, mais le fait qu’au départ, un professionnel compétent du domaine ne savait pas comment atteindre le résultat avec les connaissances disponibles. Le dossier doit le démontrer par un état de l’art précis et daté. Le guide travaux éligibles au CIR détaille les cinq critères appliqués par l’administration.

Ce qui n’est pas de la recherche

Ne pas confondre l’effort de développement et la recherche évite l’essentiel des redressements. Les travaux suivants, fréquents dans le secteur, n’ouvrent pas droit au CIR, même s’ils mobilisent des ingénieurs :

  • La mise en conformité réglementaire selon des exigences connues.
  • L’intégration des interfaces bancaires standard.
  • Le développement d’applications mobiles classiques.

Un même projet comporte souvent une phase de recherche et des phases qui n’en relèvent pas. Bien les découper, en datant le début et la fin de chacune et en n’y rattachant que les temps correspondants, est la meilleure protection en cas de contrôle.

Combien rapporte le CIR pour les fintechs ?

Pour fixer les ordres de grandeur, voici le calcul complet pour une entreprise représentative du secteur, avec les taux et forfaits de 2026.

Une fintech de 40 salariés affecte cinq ingénieurs et data scientists, payés 58 000 € brut en moyenne, à 45 % de leur temps à un moteur de détection de fraude. Deux développeurs conçoivent une nouvelle application plus performante que l’offre concurrente, éligible au CII.

Exemple indicatif calculé avec le moteur du site, règles 2026, charges patronales estimées à 42 %, hypothèses fictives.
Étape du calculMontant
Dépenses de personnel : 5 personnes à 58 000 € brut, charges comprises, 45 % du temps185 310 €
Dotations aux amortissements du matériel de recherche10 000 €
Forfait de fonctionnement : 40 % du personnel et 75 % des amortissements81 624 €
Sous-traitance à des organismes agréés ou publics0 €
Subventions reçues pour ces travaux, déduites0 €
Base du crédit d’impôt recherche276 934 €
Crédit d’impôt recherche à 30 %83 080 €
Dépenses d’innovation (prototypes, CII)59 072 €
Crédit d’impôt innovation à 20 %11 814 €
Total des crédits d’impôt sur l’année94 895 €
Rattrapage possible sur les 3 dernières années, à dépenses comparables284 684 €

L’entreprise obtient 83 080 € de crédit d’impôt recherche et 11 814 € de crédit d’impôt innovation, soit 94 895 € par an. Pour une PME, ce montant est remboursé immédiatement si l’entreprise n’a pas d’impôt à payer. L’effet de la taille de l’équipe est direct :

CIR seul, autres paramètres de l’exemple inchangés.
ScénarioEffectif de rechercheCIR par anRattrapage sur 3 ans
Équipe deux fois plus petite3 personnes51 948 €155 844 €
Équipe de l’exemple5 personnes83 080 €249 241 €
Équipe deux fois plus grande10 personnes160 910 €482 731 €

Faites le calcul avec votre propre équipe :

Planche 1/1Estimation CIR
Base CIR
259 434 €
CIR / an
77 830 €

+ jusqu’à 233 491 € récupérables sur les 3 dernières années

Salaires chargés × 1,40 × 30 %FIG. 21

Récupérez le CIR des 3 dernières années

Beaucoup d’entreprises du secteur découvrent le CIR après plusieurs années de travaux. Les trois dernières années restent récupérables par réclamation : dans l’exemple de cette page, l’enjeu approche 284 684 €.

Exercices clos au 31 décembre. Pour un exercice décalé, le délai court à partir de l’année du dépôt théorique de la déclaration.
Dépenses de l’annéeDéclaration normaleRéclamation jusqu’auCrédit à dépenses comparables
2023mai 202431 décembre 202694 895 €
2024mai 202531 décembre 202794 895 €
2025mai 202631 décembre 202894 895 €

Chaque 31 décembre, une année sort du délai : les dépenses de 2023 ne pourront plus être réclamées après le 31 décembre 2026. Les années antérieures au 15 février 2025 bénéficient en outre d’un forfait de fonctionnement de 43 % et, pour le CII, d’un taux de 30 %, plus favorable que les règles actuelles. Voir CIR rétroactif.

Le crédit d’impôt innovation dans le secteur

Pour les PME du secteur, une large part des projets qui ne relèvent pas du CIR peut relever du crédit d’impôt innovation : la conception d’un produit nouveau, plus performant que les offres existantes, ouvre droit à un crédit de 20 % des dépenses, dans la limite de 400 000 € par an.

Dans l’exemple de cette page, 59 072 € de dépenses de conception donnent 11 814 € de CII par an. Une même dépense ne peut pas figurer à la fois dans la base du CIR et dans celle du CII : les temps doivent être ventilés projet par projet. Voir le crédit d’impôt innovation et CIR ou CII.

Les pièges du CIR pour les fintechs

Les redressements observés dans le secteur se concentrent sur quelques erreurs récurrentes :

  • Compter les travaux de conformité réglementaire comme de la recherche.
  • Revendiquer des modèles de scoring construits avec des méthodes statistiques standard.
  • Ne pas tenir compte des aides publiques reçues dans le cadre de programmes d’accélération.

Les preuves à réunir

Un dossier justificatif solide repose sur des traces produites pendant les travaux. Dans le secteur, les plus probantes sont :

  • Les protocoles d’expérimentation et les métriques des modèles ;
  • Les comparaisons avec les méthodes de référence ;
  • Les documents d’architecture et les tests de résilience.

À ces pièces s’ajoutent, comme pour toute entreprise, les feuilles de temps par projet, les éléments de paie, le tableau des immobilisations affectées à la recherche, les contrats de sous-traitance avec la preuve de l’agrément des prestataires, et la liste des aides reçues. Le guide dossier justificatif donne le plan attendu.

Après le CIR : l’IP box sur vos revenus

Les logiciels développés en interne et licenciés à des établissements financiers peuvent relever de l’IP box ; les commissions sur flux financiers en restent exclues. Le CIR et l’IP box se cumulent : le premier porte sur les dépenses de recherche, le second sur les revenus de l’actif qui en est issu. Les deux dispositifs sont indépendants : l’un ne conditionne pas l’autre, et ils peuvent être rattrapés ensemble sur trois ans. Voir l’IP box pour les fintechs et cumuler CIR et IP box.

Se faire accompagner

Un spécialiste du CIR qui connaît le secteur conduit ce travail avec vos équipes techniques : identification des projets éligibles, qualification CIR ou CII, reconstitution des temps, calcul et rédaction du dossier. Le premier échange suffit en général à savoir si l’enjeu justifie la démarche.

  1. Diagnostic : un échange avec vos équipes techniques pour repérer les projets éligibles des trois dernières années et de l’année en cours.
  2. Chiffrage : calcul du CIR et du CII, année par année, avec les règles applicables à chacune.
  3. Dossier : rédaction du dossier justificatif et reconstitution des temps.
  4. Déclaration : dépôt des formulaires 2069-A-SD et, pour les années passées, des réclamations.

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Questions fréquentes

Une fintech régulée peut-elle bénéficier du CIR ?

Oui. Le statut réglementaire de l’entreprise n’a pas d’incidence : seuls comptent la nature des travaux et les dépenses qui s’y rattachent.

Les modèles de risque sont-ils éligibles ?

Ils peuvent l’être lorsque leur construction a nécessité des méthodes nouvelles face à des données ou des problèmes que les approches établies ne traitent pas correctement.

Combien rapporte le CIR pour les fintechs ?

Dans l’exemple de cette page, 83 080 € par an de CIR et 11 814 € de CII, pour 5 personnes consacrant 45 % de leur temps aux travaux. Le crédit représente environ 42 % du coût salarial chargé consacré à la recherche.

Peut-on récupérer le CIR des années passées ?

Oui. Les dépenses non déclarées des années 2023, 2024 et 2025 peuvent encore être réclamées ; celles de 2023 jusqu’au 31 décembre 2026. Sur l’exemple de cette page, l’enjeu est d’environ 284 684 €.

Faut-il des docteurs pour avoir droit au CIR ?

Non. Les ingénieurs et techniciens qui conduisent des travaux de recherche ouvrent droit au crédit, quel que soit leur diplôme.